Le tournant vélo

Reçu mon exemplaire du livre Le tournant vélo. J’avais déjà la version originale en allemand, Velowende, mais une motivation chancelante pour le lire dans la langue de Goethe.

Merci donc à celles et ceux qui ont permis la traduction.

Cette fois, je vais le lire, promis 😉

Le « pitch » des auteurs

Rares sont les villes qui ne prétendent pas soutenir le vélo, mais les actes peinent souvent à suivre les paroles. Au lieu de viser une ville cyclable avec une part modale du vélo ambitieuse, la planification et la politique continuent, au quotidien, de donner la priorité à la voiture. Les arguments pour expliquer pourquoi «on ne peut pas faire autrement » sont vite trouvés: «chez nous, c’est trop vallonné», «les rues ne sont pas assez larges» ou encore «les prévisions tablent sur toujours plus de trafic automobile».

Pourtant, le vėlo est une part essentielle de la solution aux problèmes de mobilité. Un véritable “tournant vélo” suppose de changer nos habitudes, de porter un regard différent sur la ville et les rues, de questionner le système automobile et d’envisager les différentes manières de promouvoir le vélo. Devenir une ville cyclable, c’est avant tout accueillir celles et ceux qui se déplacent à vélo ou souhaitent le faire. Cela demande des gestes forts, mais aussi une attention aux détails. Et surtout un engagement à tous les niveaux – politiques, administration, associations et habitant·e·s -, car une ville cyclable, c’est avant tout une question de volonté.

Les auteurs

  • Patrick Rérat (Dr.) est professeur de géographie des mobilités à l’Université de Lausanne, où il dirige l’Observatoire universitaire du vélo et des mobilités actives (OUVEMA).
  • Ursula Wyss est économiste (Dr. rer. oec.) et urbaniste; elle a été conseillère nationale et, en tant que membre du gouvernement de la ville de Berne, a lancé l’«Offensive vélo». Depuis 2023, elle conseille des institutions sur les thèmes de la mobilité avec son propre bureau.
  • Michael Liebi (dipl. Ing.) est urbaniste et planificateur des transports, ainsi qu’enseignant à la Haute école spécialisée de Suisse orientale. Il est membre du comité de la Conférence vélo Suisse.
  • Christine Lehmann (Dr. phil.) est depuis 2015 conseillère municipale à Stuttgart pour le parti Bündnis 90/Les Verts et experte sur les questions de vélo. Elle est également autrice, notamment du blog «Radfahren in Stuttgart», plusieurs fois primé.

Didier Calame: taxer les vélos et refuser le soutien aux trains de nuit

Dans le long article sur la police valaisanne, qui prévoit une campagne de “prévention” cycliste à côté de la plaque, j’ai cité Didier Calame, qui souhaite taxer les vélos. Il m’a semblé reconnaître son nom dans un autre dossier visant à saper les efforts en vue d’une mobilité plus respectueuse de l’environnement et du climat. C’était bien le cas, avec son argument choc pour refuser de soutenir les trains de nuit entre Bâle et Malmö:

«Ne pensez-vous pas que de mettre 10 millions de francs pour monter en Suède voir les belles blondes est beaucoup d’argent pour le contribuable?»

Céline Weber (PVL/VD) a eu beau lui rappeler que «ce n’est pas l’argent du contribuable, c’est l’argent qui est issu des recettes provenant de la mise aux enchères des droits d’émission pour aéronefs», le crédit a été refusé.

Didier Calame (sans m’attarder sur le caractère sexiste de sa déclaration) n’est pas à une erreur d’appréciation près et il se trouve que je vais me rendre en Suède ces prochains jours pour l’ensevelissement d’un ami d’enfance. Eût-ce pu être une raison valable de soutenir ce mode de transport?

J’irais certainement en train et j’aurais apprécié de pouvoir le faire plus simplement et pour un peu moins cher. Mais le soutien indéfectible d’une majorité de nos politiciens à l’avion fait que ce sera effectivement plus long, plus compliqué et plus cher en train. Là, ce n’est pas le train qui a déraillé, mais la politique.

Article original – lematin.ch: Le Parlement fait dérailler le train de nuit pour Malmö

Trottinette ou vélo électrique: le match du plus écolo

Spoiler, le vélo gagne haut la main, mais la trottinette ne démérite pas par rapport à d’autres modes de transport.

«Au regard de ces résultats, faut-il abandonner les trottinettes électriques ? Si leur empreinte carbone est deux à trois fois plus élevée que celle des VAE, selon les données d’Anne de Bortoli, ce chiffre est à mettre en comparaison avec d’autres modes de transport. Ainsi, pour une voiture individuelle thermique de 1,3 tonne, elle s’élève à 200g eCO2/km. Tout dépend donc de l’usage des utilisateur·ices. Par ailleurs, ces alternatives électrifiées peuvent se révéler plus accessibles à des personnes ayant des problèmes de santé ou des difficultés à se déplacer. Trottinettes électriques et VAE ont donc leur place dans les mobilités de demain, associés aux autres modes doux, marche et transports en commun en tête. Comme tout bien de consommation, il reste important de les faire durer au maximum, en privilégiant un entretien régulier.»

Article original – Vert.eco: Trottinette ou vélo électrique : qui gagne le match du mode de transport le plus écolo ?

Immatriculer les vélos cargos et longtails, la “nouvelle” idée de la droite

Tous les vélos cargos et “longtails” devraient être munis d’une plaque d’immatriculation, qu’ils soient électriques ou pas. Le Conseil des Etats a adopté mardi par 22 voix contre 15 une motion de Mauro Poggia (MCG/GE) en ce sens. «S’il salue le développement du transport à bicyclette, le Genevois estime qu’il doit aller de pair avec une responsabilisation accrue des usagers».

Nos parlementaires de droite sont en pleine forme ces jours. Les mêmes qui suppriment les trains de nuit veulent décourager les personnes à vélo. La responsabilisation de nos élus dans l’encouragement de transports vertueux, on en parle?

Le parlement refuse de financer le train de nuit et encourage à prendre l’avion

L’information est tombée ce mardi 9 décembre avec encore une décision à rebours du bon sens de la part d’une majorité d’élu·e·s qui préfèrent que la population continue à cramer du pétrole alors que la terre brûle, plutôt que de l’inciter à prendre le chemin d’une mobilité respectueuse de l’environnement et de la santé des gens.

Sur le site internet du Nouvelliste:

Après le Conseil des États, le National a dit non mardi à la ligne reliant la Suisse à Malmö en Suède. Il a, dans le cadre du budget 2026, coupé la manne de 10 millions de francs nécessaire à la mise en service du train de nuit prévue le printemps prochain. Le vote a été très serré: 99 voix contre 92 et deux abstentions.

Il est «inacceptable que le contribuable finance via ses impôts une ligne de loisir», a déclaré Yvan Pahud (UDC/VD). Alex Farinelli (PLR/TI) avait aussi déclaré lundi soir que le train de nuit n’était ni exigé par la loi ni une priorité.

Mais, bon sang, il ne s’agit pas de financer une ligne de loisir, mais bien d’inciter les gens à voyager en train plutôt qu’en avion. Nos politicien·ne·s à courte vue refusent donc de soutenir des gens qui font déjà le vertueux effort de voyager en train (plus cher, plus compliqué, plus long, mais beaucoup plus respectueux de l’environnement), mais préfèrent inciter les voyageurs à prendre l’avion.

Sinon, vous pouvez m’expliquer pourquoi un vol Genève – Barcelone ne paie pas pas de taxe sur le carburant, une TVA réduite et une taxe CO2 de 20 francs par tonne alors que les coûts des dégâts environnementaux et sociaux est estimé à au mois 465 francs par tonne par les services de la Confédération?

Les trains de nuit pourraient être plus avantageux que l’avion

 

«Les trains de nuit peinent à être rentables et souffrent de problèmes internes aux CFF», écrit le Blick. « Malgré leurs atouts écologiques, ils restent désavantagés face à l’aviation en l’absence de conditions de concurrence équitables».

Thomas Sauter-Servaes estime que «la concurrence entre rail et aviation est faussée». Les compagnies aériennes ne couvrent qu’une petite partie de leurs coûts climatiques, ce qui revient à une subvention indirecte de l’Etat. Selon lui, si les transporteurs payaient le coût social réel du CO2 – 880 euros la tonne d’après l’Office fédéral allemand de l’environnement – les billets d’avion seraient nettement plus chers. Même avec le prix recommandé de 300 euros la tonne, le train de nuit deviendrait immédiatement plus avantageux.

Mais nos politicien·ne·s à courte vue préfèrent toujours privilégier l’avion que d’encourager les usagers à prendre le train. Cherchez l’erreur.

Article original: Suisse: Les trains de nuit ne sont pas suffisamment rentables – Blick

La nuit, la pluie et les abrutis

Il fait nuit, il pleut, je me rends à la gare à vélo. Sur la route qui, un peu plus tôt, enjambe l’autoroute, je dois obliquer à gauche. Je regarde derrière moi, une auto au loin. Je fais signe du bras, me positionne au milieu de la chaussée, bras toujours tendu et m’apprête à tourner. Regarde encore derrière moi et je fais bien, car l’abruti en auto entreprend de me doubler. Fatigue. Vraiment marre de ces connards dans leur caisse en tôle.


Heureusement, sur le quai de gare, une rencontre sympa avec un ancien collègue de collège (cela fait donc 36 ans…) initiée par mon Brompton 😉


Comme j’évoque mon collège, parlons de celui qui se construit à Sion, nommé d’après l’écrivaine et aventurière valaisanne Ella Maillart.

La ville de Sion a mis à l’enquête le stationnement vélo. Pour 1350 élèves attendus et plus de 100 enseignants, les normes exigent 415 places vélo au minimum.

PRO VÉLO Valais à fait le calcul.

1350 élèves sont prévus, et les normes VSS (applicables dans ce cas) demandent 3-5 places pour 10 élèves, et 2 pour 10 enseignant-e-s. On a compté de manière très conservatrice, considérant qu’un certain nombre d’élèves habitent à côté ou viennent autrement qu’à vélo.

Nombre de places sur les plans mis à l’enquête publique: 48.

Sans commentaire.

Sinon, c’est l’automne et c’est beau.

Les dépassements: typologie d’automobilistes

Selon la loi, sur la route les dépassements (même et surtout de personnes à vélo) ne doivent se faire que lorsque toutes les conditions de sécurité sont réunies. C’est évidemment loin d’être toujours le cas et il y a plusieurs genres d’automobilistes.

  • Celui ou celle qui te frôle sans ralentir: un·e abruti·e de première classe.
  • Celui qui ralentit, patiente parfois, mais te frôle quand même: un ignorant pas malveillant.
  • Celui qui ralentit, patiente un peu, dépasse correctement, mais fait vrombir son moteur pour accélérer comme un fou: un bobet qui respecte les règles, mais pas toi et veut te faire comprendre que tu l’emmerdes sur «sa» route.
  • Celui qui ralentit, attend s’il le faut et te double bien au large: souvent un Espagnol, merci à lui et à tous les autres qui font pareil.