
Je suis à la gare de Bâle, en train d’attendre un train, et c’est une sensation un peu étrange que ce long voyage jusqu’en Suède pour aller voir un ami qui n’est plus là, mais qui reste et restera toujours présent.
Notre dernière rencontre, c’était en 2022, lors d’un voyage à vélo vers le pays de ma mère. Même s’il était accablé de divers maux, Mats était bien, fidèle à lui-même, mon « grand frère » du Nord.
Mats aimait les gens, tout simplement. Il était la gentillesse et la générosité incarnées, intolérant à l’injustice, toujours prêt à aider son prochain, à lui cuisiner un bon repas, même sur le pouce (et Dieu sait s’il le faisait bien, ce cuisinier gastronomique, professeur de cuisine et auteur, entre autres, d’un livre consacré à la cuisine de sa région du sud de la Suède), ou à partager sa passion de la musique.
Toujours avec le sourire, un enthousiasme communicatif et une étincelle dans l’œil, riard comme l’enfant qui s’est tiré sans frais d’une petite bêtise.
Cela aussi, nous l’avons fait, des petites bêtises de gosses, qui tissent des liens entre gamins.
Arès le bon moment de notre dernière rencontre, je pensais que la vie nous laisserait le temps d’en faire encore quelques unes ensemble.
Mats est parti, sans faire de bruit.
Il brillera encore dans le cœur de toutes celles et ceux qu’il a illuminés de son vivant, ses amis, sa famille.
De lui, je garderai cette étincelle dans le regard, cette brillance qui s’est ajoutée à d’autres dans les cieux. Et je ferai encore de petites bêtises, comme les gamins que nous étions et en pensant à lui.
À toi, Mats.
Adieu mon ami.