Didier Calame: taxer les vélos et refuser le soutien aux trains de nuit

Dans le long article sur la police valaisanne, qui prévoit une campagne de “prévention” cycliste à côté de la plaque, j’ai cité Didier Calame, qui souhaite taxer les vélos. Il m’a semblé reconnaître son nom dans un autre dossier visant à saper les efforts en vue d’une mobilité plus respectueuse de l’environnement et du climat. C’était bien le cas, avec son argument choc pour refuser de soutenir les trains de nuit entre Bâle et Malmö:

«Ne pensez-vous pas que de mettre 10 millions de francs pour monter en Suède voir les belles blondes est beaucoup d’argent pour le contribuable?»

Céline Weber (PVL/VD) a eu beau lui rappeler que «ce n’est pas l’argent du contribuable, c’est l’argent qui est issu des recettes provenant de la mise aux enchères des droits d’émission pour aéronefs», le crédit a été refusé.

Didier Calame (sans m’attarder sur le caractère sexiste de sa déclaration) n’est pas à une erreur d’appréciation près et il se trouve que je vais me rendre en Suède ces prochains jours pour l’ensevelissement d’un ami d’enfance. Eût-ce pu être une raison valable de soutenir ce mode de transport?

J’irais certainement en train et j’aurais apprécié de pouvoir le faire plus simplement et pour un peu moins cher. Mais le soutien indéfectible d’une majorité de nos politiciens à l’avion fait que ce sera effectivement plus long, plus compliqué et plus cher en train. Là, ce n’est pas le train qui a déraillé, mais la politique.

Article original – lematin.ch: Le Parlement fait dérailler le train de nuit pour Malmö

Le parlement refuse de financer le train de nuit et encourage à prendre l’avion

L’information est tombée ce mardi 9 décembre avec encore une décision à rebours du bon sens de la part d’une majorité d’élu·e·s qui préfèrent que la population continue à cramer du pétrole alors que la terre brûle, plutôt que de l’inciter à prendre le chemin d’une mobilité respectueuse de l’environnement et de la santé des gens.

Sur le site internet du Nouvelliste:

Après le Conseil des États, le National a dit non mardi à la ligne reliant la Suisse à Malmö en Suède. Il a, dans le cadre du budget 2026, coupé la manne de 10 millions de francs nécessaire à la mise en service du train de nuit prévue le printemps prochain. Le vote a été très serré: 99 voix contre 92 et deux abstentions.

Il est «inacceptable que le contribuable finance via ses impôts une ligne de loisir», a déclaré Yvan Pahud (UDC/VD). Alex Farinelli (PLR/TI) avait aussi déclaré lundi soir que le train de nuit n’était ni exigé par la loi ni une priorité.

Mais, bon sang, il ne s’agit pas de financer une ligne de loisir, mais bien d’inciter les gens à voyager en train plutôt qu’en avion. Nos politicien·ne·s à courte vue refusent donc de soutenir des gens qui font déjà le vertueux effort de voyager en train (plus cher, plus compliqué, plus long, mais beaucoup plus respectueux de l’environnement), mais préfèrent inciter les voyageurs à prendre l’avion.

Sinon, vous pouvez m’expliquer pourquoi un vol Genève – Barcelone ne paie pas pas de taxe sur le carburant, une TVA réduite et une taxe CO2 de 20 francs par tonne alors que les coûts des dégâts environnementaux et sociaux est estimé à au mois 465 francs par tonne par les services de la Confédération?